Florent •  6 min de lecture

Poser des questions est un formidable moyen de démarrer une conversation et de faire participer les citoyens. Mais quelles sont les bonnes pratiques pour créer un questionnaire qui a de l’impact auprès des citoyens et est utile pour vous.

1. S’exprimer clairement et de façon neutre

Le but de votre questionnaire est d’obtenir une information fiable. Veillez à choisir et formuler les questions avec soin. Faîtes attention à ce qu’elles soient claires et adaptées au public visé.

  • Évitez les mots complexes ou ambigus, le jargon et les acronymes/abréviations.
    ❌ Quel R.O.I attendez-vous de ce nouveau quartier ?
    ✅ Quels bénéfices attendez-vous de ce nouveau quartier ?
  • Vérifiez que les expressions choisies ne soient pas biaisées ou empreintes de sous-entendus. Les mots à forte connotation ou étroitement liés à un parti politique peuvent influencer la réponse de l’interrogé(e).
    ❌ Pensez-vous que la nouvelle loi est un exemple typique d’un État qui promeut l’assistanat ?
    ✅ Pensez-vous que la nouvelle loi est une bonne chose ?
Restez simple !
  • Faites attention à la formulation globale des questions. Par exemple, ne communiquez pas implicitement votre avis sur le sujet. Pour cela, évitez d’ajouter toutes informations superflues ou trop d’adjectifs.
    ❌ Que pensez-vous des labels bio, qui s’avèrent très difficile à obtenir pour les petits producteurs ?
    ✅ Que pensez-vous des labels bio ? Savez-vous comment les producteurs font pour les obtenir ?

2. Penser le questionnaire comme une conversation

Les questions seront posées oralement par les membres de votre équipe. Une des bonnes pratiques pour votre questionnaire est de veillez à ce qu’elles soient formulées de manière aussi naturelle et engageante que possible.

  • La première question sert à briser la glace: ce n’est pas le moment de poser une colle !
  • Surveillez l’enchaînement et la longueur. Les questions devraient progresser dans un ordre logique et réfléchi. Leur nombre devrait se limiter au minimum nécessaire — afin de ne pas ennuyer ou agacer l’interrogé.

Donc:

  1. Vérifiez que chaque question est vraiment utile et non pas répétitive
  2. Groupez les questions par thème
  3. Soyez conscient que les premières questions peuvent créer le contexte pour les suivantes et influencer leur interprétation
  4. Essayez de varier le type de questions
  • Gardez la ou les questions(s) plus osée(s) pour la fin. Ne mettez pas la question la plus importante à la fin (car l’interrogé sera moins concentré) . Vous pouvez profiter des dernières question(s) pour être plus provocateur ou créatif (puisque vous aurais déjà obtenu, grâce aux questions précédentes, l’information essentielle recherchée).

3. Bien choisir les options de réponses

La façon dont vous présentez les options de réponse influencera les réactions et les réponses de votre interlocuteur. Voici quelques bonnes pratiques quand vous rédiger les questions de votre questionnaire :

  • Question fermée ou question ouverte ? Laisser la réponse complètement ouverte à l’interrogé peut lui être intimidant, mais le format QCM peut être limitant. Un bon compromis est de donner des choix de réponse, et d’inclure une option ‘autre réponse’ si aucun des choix ne convient à l’interrogé.
  • Ne pas trop charger la barque ! Ne donnez pas plus de 4-5 options de réponse. Sauf s’il à moins s’agit de réponses ‘factuelles’ comme la ville habitée, ou le niveau d’engagement.
Ne pas trop « charger » le questionnaire en longueur
  • Être clair sur l’échelle des réponses. Si vous demandez une réponse sur une échelle numérique, ou de classer des options de réponse dans un certain ordre, veillez à ce que vos instructions soient claires en précisant l’échelle (ex: 1 égal ‘pas du tout satisfait’, 10 égal ‘très satisfait’).

4. Attention aux biais dans les réponses !

Voilà quelques biais parmi les plus courants.

  • Le biais de l’acquiescement : une tournure du type ‘êtes vous d’accord’ entraîne une tendance à consentir (“je suis d’accord”) qui peut fausser la réponse.
  • Le bias de désirabilité sociale. L’interrogé peut parfois sentir qu’une certaine réponse serait plus acceptable vis-à-vis des normes sociales. Essayez d’éviter les formulations qui impliquent un jugement de valeur.
  • Effets d’ordre et de récence. L’ordre dans lequel sont présentées les options de réponse peut avoir un impact . A l’oral, l’interrogée aura tendance à choisir une des réponses entendues plus ‘récemment’(c.à.d. en fin de liste) . Tentez de changer/rendre aléatoire l’ordre des choix de réponse pour contrer ce type de biais.

5. Être prêt pour le jour J

Avant tout, l’échange sur le terrain autour du questionnaire devrait être une EXPÉRIENCE POSITIVE ✨ — pour les membres de votre équipe qui posent les questions, et pour les personnes qui y répondent.

Cela garantira l’efficacité de votre enquête, assurera la motivation et l’engagement de votre équipe au long terme, et laissera une bonne impression auprès des personnes sondées (ce qui les rendra plus susceptibles de vouloir rester informées sur, ou engagées dans, votre cause).

S’entrainer devant son miroir

En dernier lieu, assurez-vous que les membres de votre équipe aient bien pris connaissance et soient à l’aise avec le questionnaire (conseillez leur de répéter les questions à voix haute, par exemple avec des amis ou d’autres membres de l’équipe, avant de commencer l’enquête), et si possible organisez des formations afin de les aider à développer les compétences nécessaires à la campagne de terrain — pour qu’ils puissent y aller en toute confiance et passer à l’action !


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