Camille Marguin, co-présidente de Tous Élus et fondatrice de Générations Cobayes
Nicolas •  10 min de lecture

Les entretiens Quorum sont une série d’entretiens audio ou vidéo menés avec des experts et des engagés.

Cet article est extrait de l’entretien audio avec Camille Marguin, co-présidente de Tous Élus et ancienne déléguée générale de Générations Cobayes, l’association qui a mis sur la place publique le débat sur les perturbateurs endocriniens.

▶️ Entretien que vous pouvez retrouver dans son intégralité ici

📻 Retrouvez l’extrait de l’entretien qui nous a permis de rédiger cet article à la fin de cette page. Bonne lecture et bonne écoute !

Pour beaucoup d’associations il est difficile de s’organiser et d’accueillir dans de bonnes conditions bénévoles ou militants. Le problème identifié par Camille est le suivant : “Les responsables d’associations n’arrivent pas à prendre le recul nécessaire pour s’organiser eux-même et ainsi pouvoir intégrer de nouveaux bénévoles”.  Il faut donc déjà arriver à s’organiser soi-même.


“Il y a plein d’associations qui dans l’absolu ont besoin de bénévoles mais qui n’arrive pas à identifier ce qu’elles feraient faire à leur bénévoles.”

Avec en quelques semaines plus de 100 bénévoles chez Tous Élus, l’expérience de Génération Cobaye (de 5 bénévoles jusqu’à 300 bénévoles actifs ), Camille sait de quoi elle parle.

“Former les bénévoles à être des managers de bénévoles”

Tout est dans la culture de l’association, le choix du mode de démocratie interne et la formation.

1.Définir sa culture, choisir un mode de démocratie interne

Définir sa culture concrètement c’est établir pour l’organisation ou l’association des éléments structurants et clairs pour toute l’équipe et les bénévoles.

Le plus simple alors est de créer des listes :

  • Ce que l’on fait vs ce que l’on ne fait pas
  • Ce que l’on défend vs Ce que l’on combat 

C’est une méthode qui permet d’être structurant et clair avec les bénévoles. Pour qu’il puisse prendre toute la place qu’ils peuvent pour diffuser votre message sans utiliser des méthodes que vous n’approuvez pas ( Ce que l’on fait vs ce que l’on ne fait pas ) ou défendre des positions que vous ne cautionnez pas  Ce que l’on défend vs Ce que l’on combat .  De plus, ces listes se diffusent facilement, elles sont facile à prendre en compte et claire sur ce qu’il ne faut surtout pas faire.

Vous pouvez aussi facilement faire évoluer ces listes au gré des situations rencontrées !

2.Ne pas avoir de tabou sur la professionnalisation de sa structure

“On se sert des compétences des gens. Il faut pouvoir se dire dire que c’est comme une PME avec 100 personnes.”

Le fait d’organiser professionnellement l’association donne une vision structurée et large du mouvement. “Je mappe ce qu’il y a dans l’écosystème et quels sont les besoins”.

Il faut qu’il y ait une vision macro de l’association pour que ca fonctionne”. En bref, on sait qui fait quoi, comment et quand.

3.Faire attention au “burnout associatif”

Gérer 80 personnes c’est un boulot de dingue.” Mais ce temps d’organisation et de prise de décision est finalement largement compensé sur le long terme. “Le temps que tu prend tu le gagne après sur l’engagement de ses bénévoles.” Ils vont plus s’engager que les autres, s’il y a un plan de route clair et défini en amont.

4.Mettre l’accent sur la formation de ses bénévoles

Pour Camille, il faut “former les bénévoles à être des managers de bénévoles. C’est aussi le principe de l’empowerment. Donner des responsabilités pour aller plus vite.

“Manager aussi une compétence importante et très valorisable en dehors de l’association”

Avoir des bénévoles qui vont savoir quels sont leur objectifs, combien ils ont besoin de bénévoles et comment les former, ca change tout dans l’organisation de l’association. C’est comme comme ca qu’on arrive à mobiliser efficacement.

5. Les petits pas ou le micro-engagement

Dernière stratégie, celle des petits pas. C’est l’engagement petit à petit.

“Par exemple on va proposer une action de courte de 4h seulement puis il y va en avoir 50% vont vouloir faire plus et les 50% vont décider d’arrêter”.

Ce système  respecte chacun pour que le bénévolat reste du plaisir. L’engagement c’est pour tout le monde et c’est partout, chacun de nous peut s’engager tant qu’on lui donne les moyens. “Il n’y a personne qui ne s’intéresse à rien. Tout le monde a des trucs qui agacent.” Il est facile de trouver un mouvement qui défend notre cause, ne serait-ce qu’en cherchant sur Google. “L’engagement c’est pas forcément le moteur de sa vie”, il doit être adapté à chacun mais “on peut peut commencer doucement par des micro-engagement.”

Retrouvez l’extrait de l’entretien ici :


Cet entretien a été enregistrée en janvier 2019 avec Justine Mothe et Florent Barre.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien Quorum ici :


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